Retrouvez sur cette page tous les textes de l'album "L ' A R T   D E   L A   J O I E "

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1. KARMA

KARMA

Prod : Mateo Bourgogne

 

Es-tu le mur de béton, la barrière, la digue ;

ou bien le souffle et la pluie venus balayer la ville ?

Es-tu cet homme debout, qui se prend à rêver ;

ou bien son frère à genoux qui l’empêche de se relever ?

Combien valent tes bras, ta force, ton intelligence, ton temps ?

Combien pèsent ton image, tes mots, ton existence, ton sang ?

 

La vibration s'amplifie, le monde tremble ;

moi aussi je peux le sentir au fond de mon ventre !

Je me prépare à faire face : voici le jour où tout change,

c'est la loi du Karma, le retour du boomerang !

Qu'est-ce que j’ai dit, qu'est-ce que j’ai fait ?

Suis-je de ceux qui participent, ou de ceux qui arrêtent ;

de ceux qui méprisent ou bien de ceux qui aident ?

Ai-je rendu la terre fertile, essayé d'effacer la dette ?

Suis-je un rouage du système ou un lanceur d'alerte ?

Combien me vendent-ils la merde... Et moi ?

Et moi, à combien à on m'achète ?

Qu'ai-je imaginé pour demain, qu'ai-je laissé derrière ?

Suis-je un soutien pour les miens dans la défaite ?

Ai-je l'audace de tendre la main, de dire je t'aime ?

Qu'est-ce que j’ai fait de mes instincts, de ma colère, de mes rêves, de ma tête ?

Pourrais-je perdre ce que je possède si demain tout doit disparaître ?

 

La discrétion des faibles nuit plus que la rage des barbares :

tu peux pointer l'index ou te regarder dans la glace...

à quoi bon tuer le maître si tu veux juste prendre sa place ?

Défends-toi : évoque tes peurs, ton impuissance,

les doutes qui t'effleurent, l'éducation de tes parents

Avoue le malheur ou la bénédiction de ta naissance :

faut que tu craches, que tu pleures pour renaître de tes cendres

Allez ! Aies au moins la fureur d'essayer de te comprendre,

ne condamne pas l'autre pour ce que tu nourris dans ton ventre !

Plus le temps !

Plus de temps pour les compromis, les excuses, les silences,

pour les angles qu'on arrondit, qu'on polit avec patience ;

Tu vas devoir crier ta rage, tes manques, tes déviances,

jouer, danser, écrire des pages jusqu'à entrer en transe ;

réapprendre à combattre, sentir le vent

escalader des montagnes, redevenir enfant

repartir à la chasse, être à nouveau vivante,

guérir ton âme, vaincre ton propre tyran,

te reconnaître dans ton semblable, ôter la boue de tes talons,

faire entendre ta voix, être à l'écoute, demander pardon

 

Je sais déjà qu'il va falloir choisir mon camp,

les minutes s'échappent, que vais-je faire de mon temps ?

Dans quel état me présenterai-je lors du jugement,

quand les actes seront lourds, les apparences plus que du vent ?

Suis-je capable d'être riche quand je suis seule et dénudée ;

ou ai-je peur de perdre ce que j’ai accumulé ?

S'il n'y a plus de billets, de papier, il me reste quoi ?

Si les premiers sont les derniers, quelle est ma place ?

2. Ecran de fumée ft Miss Groggy

2. Ecran de fumée

Prod : Maurice Poto

Feat Miss Groggy

 

D'abord… d'abord y a la mère tout en haut : elle regarde le show

Qui partira ce soir ?

Derrière l'écran les candidats ont chaud L'anonymat les traque,

veulent leur part du gâteau, leurs photos sur les pages qui glacent les ragots

Tous Judas à la table, ils se feront pas de cadeaux,

en avalant ses pâtes, la mère matte le tableau

Ensuite, ensuite y a l’ainé, toujours dans sa chambre :

sur l'écran de son PC toutes les go en redemandent ;

Elles ont la peau douce, le cœur toujours tendre

Elles veulent pas qu'on les écoutent, elles veulent juste se faire entendre

L’aîné, un Héros de la guitare des solo invisibles en fumant des battes

Il se réveille tout seul a midi dans les vapes, enchaine les séries dans le canap

Parce que chez ces gens-là madame, on ne vit pas…

on ne vit pas on zappe !

 

Qu'est-ce qui les touche ou les a touché

derrière cet écran de fumée ?

Qu'est ce qui les pousse ou les a poussé

à regarder cet écrin de fumier

Dis moi qui tu suis je te dirai qui tu es

Dis moi qui te suis je te dirai qui te hais

Qu'est ce qu'il les pousse ou les a poussé

à regarder cet écrin de fumier ?

 

Les yeux sur la tablette, Colas mon petit frère ne dort pas :

Hypnotisé, sans s'arrêter il tète son biberon tiède de soda

Y a le beau-père qui est en bas, Il joue a fifa en mangeant sa pizza dans le sofa

Sors plus depuis qu’il est au chômage, observe le naufrage :

le petit dernier sauvera pas son 2ème mariage…

Il prend plus la peine de le regarder, perdu dans ses angoisses

Les sites qu’il regarde lui désignent les coupables : tous ceux qui ne lui ressemblent pas

Il développe ses clichés dans sa chambre noire, collectionne les cendres froides

Quand il parie en ligne, il s'imagine encore devenir riche ;

Parce que chez ces gens-là monsieur, on ne vit pas…

on ne vit pas, on triche !

 

Qu'est-ce qui les touche ou les a touché

derrière cet écran de fumée ?

Qu'est ce qui les pousse ou les a poussé

à regarder cet écrin de fumier

Dis moi qui tu suis je te dirai qui tu es

Dis moi qui te suis je te dirai qui te hais

Qu'est ce qu'il les pousse ou les a poussé

à regarder cet écrin de fumier ?

 

Et puis y a Murielle, qui se déshabille pour moi, elle est tellement belle,

Elle est première de la classe, elle en a marre d'être sage,

Murielle, qui dit qu'elle a 16 ans, mais je sais bien qu'elle ment, j'ai stolqué toutes ses pages,

Murielle qui rêve de voyages, d'îles, de soleil, de jolis paysages

Elle se déshabille pour moi, Et moi je lui promets le large,

j'lui dis qu'on partira : Loin des fenêtres virtuelles, et qu'on brisera la glace... J

'lui raconte des histoires, j'lui dis en attendant :

« déshabille-toi pour moi, enlève tous tes vêtements »,

Murielle, elle fait semblant d'y croire,

elle fait tout ce que j'lui demande,

J'lui dis qu'on partira, et qu'on sera bien ensemble...

Murielle, New-York ou Tahiti, Rome ou bien Ankara...

mais on ira nulle part, madame, parce que chez ces gens-là,

On ne s'en va pas... non... on ne s'en va pas...

by Romain Garcin

3. Babel

BABEL

Prod : Maurice Poto

Chant : Muriel Buzingo

 

J'ai vu la ville et ses tours de verre,

qui s'élèvent vers la voûte céleste 

Frontières surveillées par les cerbères,

mers et déserts transformés en cimetières

Plus de place au Royaume des privilèges

Rues ternes où s'échouent les rêves ;

chimères sur panneaux publicitaires,

Les métros sales déversent des bureaucrates aux cernes épaisses

Code universel

On s’exprime tous en langage des chiffres : r

apports virtuels émotions statistiques, dépenses frénétiques…

 

Vis, vis dans la matrice, creuse-toi la dette

Brique par brique : on rebâtit Babel,

le mythe se répète

Brique par brique : le mythe se répète,

on rebâtit Babel

 

J'ai vu la ville et ses tours de verre

qui s'élèvent vers la voûte céleste ;

Asphyxiée par l’asphalte, j’ai entendu crier la croûte terrestre

Autour des carcasses, les rapaces se pressent :

on a sacrifié les faibles, c’est la jungle urbaine

Animal technologique docile à la doctrine du profit

Libellule posée sur leur marais,

j’ai avalé la pilule, la matrice n’a plus d’attrait

Libellule libérée de Babel,

je m’envolerai dans un battement d’ailes...

Avant de mettre les voiles,

laisse-moi me brûler les ailes,

sous les lumières artificielles,

une dernière fois

Avant de mettre les voiles,

laisse-moi gratter le ciel

pour chatouiller les étoiles du bout de mes doigts

 

Vis, vis dans la matrice, creuse-toi la dette

Brique par brique : on rebâtit Babel,

le mythe se répète

Brique par brique : le mythe se répète,

on rebâtit Babel

4. Fin de règne ft Sukina Douglas

FIN DE REGNE

Prod / chant : Maurice Poto

Feat Sukina Douglas

 

Les Hommes d'aujourd'hui ne savent plus déchiffrer les cieux ;

Ils ne lisent plus les signes, ils n'écoutent plus les vieux ;

Ils ont perdu le souffle qui chantait les anciens ;

Ils ont chassé les folles, prêtresses, magiciens ;

massacré les griots, guérisseuses et indiens.

Égarés, ils ne savent plus d'où ils viennent ;

Ils oublient que la danse s'accompagne de prières,

ne connaissent plus les voix qui racontaient hier ;

Ils ne bougent plus en rythme, n'écoutent plus les pierres;

Ils ne vénèrent plus les tambours ni le chant des rivières,

ils n'écrivent plus leur rêves... à peine s'ils s'en souviennent.

Obsédés par l'aiguille qui va et vient à leur poignet,

Ils n'entendent pas les cris qui s'échappent du foyer :

dans les flammes, les nègres et les sorcières rient à gorge déployée

 

Chant Lingala

 

Nous portons la mémoire de la terre et des flammes,

Nous portons la rage des bagnards, des condamnés et des esclaves

Faites place aux fils des indiens, aux filles des sorcières

C'est l'heure du déclin, place aux nouveaux Règnes,

Place aux nouvelles Reines et que brûlent, brûlent leurs idoles

Burn, burn  Babylone

 

Chant lingala

 

Sukina douglas :

In the midst of the mayhem

Caved in, by concrete towers

She’s star gazing, for a world

Where she doesn’t have to fake it, to fit in

Her soul’s raising, grazing, in gardens of the sacred

Then an ancient voice was awakened

The sound of a million queens slaying

Like the reincarnation, of every woman

Who graced existence with her fragrance,

They spoke with the breath of God upon tongues

Their melodies sparked creation

Women with fire in their stomachs

Who could set the world aflame

If they desired but they vibrate higher

Queens with light in their limbs

Angels wipe their tears with wings

She heard a call from her core Her heart upon a throne

Reminding her of what she had always known

 

Chant Lingala

 

Nous portons la mémoire de la terre et des flammes,

Nous portons la rage des bagnards, des condamnés et des esclaves

Faites place aux fils des indiens, aux filles des sorcières

C'est l'heure du déclin, place aux nouveaux Règnes,

Place aux nouvelles Reines

et que brûlent, brûlent leurs idoles

Burn, burn Babylone

 

Chant lingala

 

Les hommes d'aujourd'hui ne savent plus déchiffrer les cieux ;

Ils ne se doutent pas que l'avenir se bâtira sans eux,

Naïfs, ils persistent, pensent faire partie du jeu ;

ignorent que d'ici peu, ils disparaîtront pour un mieux ;

leurs si précieuses citées emportées par le feu...

Que restera-t-il d'eux ?

5. J'avais oublié

J'AVAIS OUBLIE

Prod : Maurice Poto

Voix : Sybille Cishahayo

 

J’avais oublié

Oublié le bon, la saveur d'un fruit,

l'odeur du charbon, le poids de la nuit,

les mères qu'on se trouve, 

leur regard de louve et puis la terre rouge

J’avais oublié

Oublié les tables où le monde s'invite,

quand y en a pour quatre, beh y en a pour huit.

Oublié, oublié, oublié le don noyé d'impuissance

J’avais oublié

L'arôme du mélange peaux noires sur nuits blanches,

les corps estropiés sur le macadam,

les dents aiguisées, la faim qui tiraille

J’avais oublié

Les mots retenus, la pudeur des femmes,

les muscles tendus sous le poids des charges,

oublié, oublié ééééh

J’avais oublié les fessiers qu'on roule, oublié

serrés sous le pagne, oublié

les cheveux tissés, oublié

comme des œuvres d'art, oublié

Les plats de riz, oublié

les femmes accroupies, oublié

leurs éclats de voix,

oublié et leurs éclats de rire...

 

Hé ntari nibagiye, hé mama Igihugu ca ba sokuru, hé dada (2x)

 

J’avais oublié

Oublié les pions, les cons, les bakchichs,

les courses-poursuites avec la police.

La corruption sourde qui s'étend à tous,

qui pourrit, qui ronge et qui gagne chaque couche

Oublié, oublié...

Oublié les rues qui saignent sous la lune,

l'herbe pleine de graines qu'on trie une par une,

les feux de campagnes, les broussailles qui brûlent

Oublié...

Oublié qu'il faut fréquenter la mort

pour apprendre à vivre une minute plus fort, oublié

L'arrière des pick up, oublié

le chant des moissons,

oublié la toute première pluie,

oublié quand vient la saison, oublié

 

Hé ntari nibagiye, hé mama Igihugu ca ba sokuru, hé dada (2x)

 

J’avais oublié la peur dans les yeux des mères,

la force du beau, caché sous le sale

J’avais oublié la poussière qui vole dans les bananeraies,

au milieu des flots, les barques qui se perdent,

J’avais oublié les enfants sauvages, les troupeaux de chèvres,

au creux de l'orage quand le ciel s'éclaire,

J’avais oublié, quand deux fils se touchent, que le temps s'arrête et...

le bruit d'un souffle sur une allumette ;

J’avais oublié quand tous se rappellent, les morts de la guerre,

le grincement des cris dans les bouches muettes...

J'avais oublié 

 

Hé ntari nibagiye, hé mama Igihugu ca ba sokuru, hé dada (2x)

by Romain Garcin

6. June

JUNE

Prod : Kaméléon

Choeurs : Myiamâzwi

 

Je suis la fille des sorcières qu'ils ont brûlé sur le bûcher,

J'ai hérité des flammes et de leurs âmes enragées parties en fumée

Je suis la fille des captives, esclaves, femmes-bétail,

de celles qui ont vu leurs enfants mourir en bas-âge, épuisées par le travail,

la fille des bêtes de somme, un chiffre dans une colonne

fille de la Vénus Hottentote, des chamanes, des griottes,

de celles qui ont connu les chaînes, le fouet et la chicotte.

Je suis la fille des guérisseuses, accoucheuses, magiciennes,

filles des aguicheuses et des chiennes

Je suis la fille des amazones du Dahomey, des rebelles

fille des amérindiennes exterminées ou parquées dans des réserves 

fille des aborigènes, de celles qu'on a placé en bas de l'échelle,

fille des prisonnières qui n'ont rêvé que d'une fenêtre,

fille des pionnières, exploratrices, des résistantes pendant les guerres.

 

 

J'ai reçu le soutien mille mères,

Ma fille, je te le lègue :

un menton haut et fier,

cœur libre, poing en l'air

sois ma digne héritière ! (x2)

 

 

Je suis la fille des jeunes femmes avortées pour l'honneur de la famille,

entre peur et hémorragie, espoir et barbarie

Je suis la fille de celles qui ont rêvé d'une fausse-couche,

auxquelles personne n'a laissé le temps de reprendre leur souffle,

usées par une famille trop nombreuse ou placées au bord du gouffre

Je suis la fille de l'eau de javel, du lait cru, des chutes,

des hérétiques et immorales faiseuses d'anges déchus

Je suis la fille des colonisées, de celles qui ont connu le travail forcé,

des femmes violées qui ont mis au monde des bébés café-au-lait,

des bébés qu'il faudra apprendre à aimer, ou bien qu'on vous retire

pour être élevé loin de leurs mères dans un pensionnat en Belgique

Fille des bagnardes envoyées par la France pour éclaircir les habitants des îles,

fille des femmes en exil, coupées de leur terre, sans-racines,

qui côtoieront le racisme et la haine qui s'enracine

 

 

J'ai reçu le soutien mille mères,

Ma fille, je te le lègue :

un menton haut et fier,

cœur libre, poing en l'air

sois ma digne héritière ! (x2)

 

Je suis la fille des hystériques, électrons libres incontrôlables,

fille de la reine Nzinga, Simone, Goliarda et Cléopâtre

Je suis la fille de celles auxquelles on a dit qu'elles étaient sales ;

impures, animales, stupides, détestables

Fille des petites amies du diable, des muses, des vestales

Fille des nonnes sans autre vocation qu'éviter le mariage,

de toutes ces femmes brisées par la religion et le système patriarcal.

Je suis la fille des femmes qui sortent dans la rue, qui manifestent,

qui réclament haut et fort que la nuit leur appartienne !

La fille des agitées que la police malmène,

des forcenées, des folles celles qu'on traite de traînées avant de les traîner sur le sol

Je suis la fille de celles qu'on blâme pour les pulsions des mâles,

de celles qui refusent d'être moins promues, moins payées que leurs collègues,

la fille de celles qui osent laisser éclater leur colère.

 

J'ai reçu le soutien mille mères,

Ma fille, je te le lègue :

un menton haut et fier,

cœur libre, poing en l'air

sois ma digne héritière ! (x2)

7. Parle

7. Parle

Prod : David Mouyal

 

Raconte-moi quand tu étais gamin à faire ce qu'il te plaît,

avant les notes, bulletins et premières fiches de paie

Raconte-moi, raconte-moi qui tu es et qui tu as été,

Quand ton destin entier se résumait à l’été,

avant qu’ils ne t’apprennent que tu ne peux pas pleurer

Raconte-moi, rappelle-toi les chagrins, les secrets chuchotés,

les tout premiers coups de poing et les envies moquées

Raconte-moi, souviens-toi de l’époque où tu ne savais pas encore

qu’un homme ça n’a pas de remords, ça se doit d’être fort,

allez raconte-moi…

 

Si tu sautes le pas, je te prends dans mes bras ;

si tu trouves le courage, je ne suis là que pour ça...

Enlève la carapace, arrête de faire semblant

Parle, je suis là pour t’entendre :

sans remarques déplaisantes, sans jugement ni attentes

Raconte-moi la puissance des serments;

les contes, les histoires, les poussières d'espoir, les rêves en semences

Raconte-moi les perles de sel sur le revers de tes manches,

ils se voulaient cow-boys, toi tu te rêvais Comanche,

allez raconte-moi les routes trop étroites,

les crépuscules oranges, les toutes premières fois, souviens-toi l’innocence...

 

 

Je promets de douter, si je ne peux comprendre ;

je saurai t'écouter, si ta voix est constante

Emmène-moi visiter ton antre ;

si tu me laisses atteindre l'intérieur de ton ventre

je serai la feuille blanche où tu peux jeter l’encre

Je me ferai petite et toi tu seras grand ;

j'avalerai les répliques sur le bout de ta langue,

si toi tu prends le risque, moi je prendrai le temps...

8. Modesta

MODESTA

Prod : Kaméléon

 

Elles t'ont appelée « Modesta »,

Un prénom qui sonne comme un esclavage ;

une injonction à tenir sa place, à rester sage

Une toute première leçon qui fait déjà si mal :

les « nègres de maison » n'ont ni sexe, ni race,

depuis des siècles, les femmes aussi... asservissent les femmes

Modesta, comme on déchire une page négligeable ;

Ma fille : voici ta cage en héritage :

sois fragile, naïve et délicate

Modesta, comme on refuse de noircir une case ;

puisque les règles semblent immuables,

Un point final pour commencer une phrase.

 

Elles t'ont appelée Modesta,

Te préparant dès la naissance à baisser le regard

imaginant que tu ne laisserais pas de trace

Elles t’ont appelée Modesta, Modesta...

Ils t’ont appelée Modesta

te voyant perdre la course avant même le top départ

éphémère comme des pas qui s'effacent

Ils t’ont appelée Modesta, Modesta...

 

 

Ils t’ont dit qu’une femme ça ne rêve pas trop grand:

Dans les salons du pouvoir et des messieurs importants,

ça apporte à boire et ça ferme la porte en sortant

Ils t’ont dit qu’une femme ça ne veut pas changer les choses,

ça se plie aux règles, aux lois qu’on lui impose,

ça ne se bat qu’avec les armes que l’homme lui propose

Ils t’ont dit qu’une femme ça s’plie en quatre pour sa famille,

ça se sacrifie, ça accumule la fatigue,

… et ça se console en faisant du shopping le samedi

Ils t’ont dit qu’une femme, ça sourit, ça rougit,

ça dit merci quand on lui fait un compliment pourri,

ça se contente de rapports où ce n’est jamais elle qui jouit

 

Elles t'ont appelée Modesta,

Te préparant dès la naissance à baisser le regard

imaginant que tu ne laisserais pas de trace

Elles t’ont appelée Modesta, Modesta...

Ils t’ont appelée Modesta

te voyant perdre la course avant même le top départ

éphémère comme des pas qui s'effacent

Ils t’ont appelée Modesta, Modesta...

 

Sans consulter les oracles ; tu as éliminé chaque obstacle,

refusé d’être raisonnable, envoyé au diable leur morale ;

échangé les jupes des nonnes contre celles des gitanes

Sans même un Dieu à servir, tu es partie en Djihad

une liberté à conquérir : faire exploser leurs barricades !

Il a fallu se battre, apprendre à manier la poudre,

jusqu’à sacrifier parfois ceux qui enferment dans leurs tabous

Loin des dogmes, églises, politiques, gourous ;

loin des hommes qui te demandent de dire “toujours”,

loin des femmes sentinelles, jalouses,

tu es devenue souveraine : libre de tes choix, de tes amours

 

Elles t'ont appelée Modesta, mais tu n'es plus “Modesta”

Tu es à jamais immorale, immortelle,

Tu es indécente femme fatale et obscène

Tu es sensuelle, épicée, rebelle, libérée

Elles t'ont appelée Modesta, mais tu n'es plus “Modesta”

Tu n’es plus “Modesta”, tu es amoureuse du tumulte,

Tu n'es plus "Modesta", tu es marginale,

Tu es une majuscule, sûrement pas un point final

by Romain Garcin

9. L'art de la joie

L'ART DE LA JOIE

Prod : Maurice Poto

Saxophone : Vincen Robin

 

La joie, c’est une force qui vient des tripes,

faut trouver son poste pour faire avancer son équipe

Moi, je suis une guerrière poétique :

l’amour et la justice comme seul parti politique !

J’ai connu les doutes, la haine, les complexes ;

leurs concepts me saoulent, moi j’avais besoin de concret ;

j’ai ouvert la bouche pour que les autres me comprennent

et j’ai pris la route pour que les autres me complètent

J’ai rencontré des frères, des soeurs, des adversaires,

partout étrangère, partout sexe faible ;

mais j’sais que j’suis une reine depuis la naissance d’ma princesse,

que je n’trouve la paix qu’en apprenant à être intègre

Je suis une femme libre, une femme fière,

le slam c’est une mission humanitaire ;

par nos mots et nos voix, nos âmes s'libèrent

Fuck le buzz, c’est du beau que j’veux faire

 

La joie, un art : beaucoup de travail, une part de don ;

une terre qu'on cultive à la sueur de son front (x2)

 

La joie, c’est la bouée qui m’sauve de la noyade ;

la boussole qui accompagne mon voyage

C'est un choix, un vrai combat parfois

mais comment la trouver quand tout s’effondre autour de toi ?

J’m’inspire de ceux qui illuminent la pénombre,

qui savent me rappeler qu’toutes les pentes se remontent ;

j’pense à ceux qui restent droits parmi les décombres,

qui gardent la tête froide quand la tempête gronde

J’admire ceux qui ont la foi même si la route est longue,

qui incarnent le changement que j’veux voir dans le monde

J’gratte une allumette quand mon âme est sombre

J’réponds des poèmes quand on m'parle en nombres

Loin des chemins tracés, j’m’arrête à l’intersection...

j’découvre la beauté dans c’qu’ils appellent imperfections

Fuck la règle, moi j’retiens l’exception

 

La joie, un art : beaucoup de travail, une part de don ;

une terre qu'on cultive à la sueur de son front (x2)

 

La joie, c’est à chaque fois qu’j’fais ma valise,

partout sur terre je me suis fait des amis

La joie, c’est à chaque fois que j’pose un pied en d’Afrique,

partout sur terre j’ai trouvé une famille

La joie, c’est à chaque fois que j’rejoins ma pote Cali

c’est des pétards sur les plages de Jamaïque

La joie, c’est mon public : ceux qui soutiennent depuis le début,

les nouveaux venus et ceux que je veux jamais voir déçus

La joie, c’est le Canada, chaleureux en plein hiver,

c’est un arbre à palabres quelque part au Niger

La joie c’est Madagascar et la fraîcheur d’une bière,

des milliers d’images qui nourrissent mon imaginaire

Je stocke le beau, coffre-fort dans mon cerveau

dans ma poche, je garde la clé de l’entrepôt

Quand tout est trop moche, alors j’ouvre la porte

c’est dans ma mémoire que je retrouve la force

 

La joie, un art : beaucoup de travail, une part de don ;

une terre qu'on cultive à la sueur de son front (x2)

10. Vertige

VERTIGE

Prod : David Mouyal

 

Messieurs, vos mères ne vous ont rien appris :

veuillez laissez vos idées toutes faites,

soyez attentifs aux mots et aux gestes,

redevenez élève face à chaque nouvelle maîtresse

Messieurs, vos mères ne vous ont rien appris

acceptez que vous ne savez pas au lieu de faire les experts :

pas de formule magique à appliquer du bout de sa baguette,

pas de recette...

Messieurs, vos mères ne vous ont rien appris :

chaque femme est un nouveau territoire,

plus complexe qu'un reflet dans votre miroir,

découvrez son histoire parce que...

parce que vos mères ne vous ont rien appris,

non messieurs, vos mères ne vous ont rien appris !

 

Combien de vies que nos corps se cherchent vainement ?

Combien de temps qu'ils se connaissent vraiment ?

Entre deux soupirs, apprivoise mes désirs,

Approche-moi du vide, savoure le vertige…

 

Mesdames, vos mères ne vous ont rien appris :

on n’écrit pas son destin en restant passive,

vous attendez un prince mais c'est vous l’héroïne,

on ne déploie pas ses ailes en jouant les belles endormies,

Oh non, vos mères ne vous ont rien appris :

faudra partir en quête de vos propres trésors,

découvrir les clefs qui ouvriront tous les coffres,

sauter sans qu'on ne vous pousse dans le dos

Mesdames, vos mères ne vous ont rien appris :

rien n'est donné, tout est à prendre, à conquérir,

faudra marcher sur le verre de chaque tabou qui se brise,

piétiner les complexes, les mensonges, les non-dits parce que ...

Vos mères ne vous ont rien appris,

non mesdames, vos mères ne vous ont rien appris !

 

Combien de vies que nos corps se cherchent vainement ?

Combien de temps qu'ils se connaissent vraiment ?

Entre deux soupirs, apprivoise mes désirs,

Approche-moi du vide, savoure le vertige…

 

Mesdames, leurs mères ne leur ont rien appris,

alors il faudra leur dire que nous ne sommes pas des petites choses fragiles,

ni des poupées en plastique, ni chattes, ni chiennes, ni tigresses, ni lapines

Nous ne sommes pas des marchandises, ni des cadeaux, ni des friandises

ni putes, ni saintes ; ni salopes, ni soumises

Mesdames, leurs mères ne leur ont rien appris,

faudra qu’on s’exprime : apprendre à dire les mots du... sexe,

ces mots qui semblent sales, vulgaires,

faudra qu'on les rende plus doux que des... caresses

by Romain Garcin

11. Est-ce que tu m'attendras ?

EST-CE QUE TU M'ATTENDRAS ?

Prod : David Mouyal

 

Est-ce que tu m'attendras,

si je veux suivre les voix, les tambours qui appellent,

les cithares qui égarent, la mémoire qui se perd,

si j'emprunte des rivières qui ne se nagent qu'à l'envers ?

M'attendras-tu, emportée par les vents, si je ne suis qu'une feuille,

si je suis les passeurs qui me laissent sur le seuil,

et que je chasse ces heures qui ne se marchent que seule ?

M'aimeras-tu sorcière, m'aimeras-tu matelot,

si j'engloutis la terre, que je retourne à l'eau,

si je deviens poussière à l'arrière d'une moto ?

Si je ne te promets pas que je rentrerai vite,

si les vents sont contraires, que plus rien de m'abrite

et s'il me faut mille ans pour rencontrer le vide

... Est-ce que tu m'attendras ?

 

Moi je prierai pour toi, pour les routes et les regards,

pour les doutes envolés à chacun de tes pas,

pour chacune des réponses que l'on ne trouve qu'en soi

Et au fond tu sais déjà que pour te revenir, faudra bien que je parte

... Est ce que tu m'attendras ?

 

Si je ne suis qu'un pauvre merle qui aime chanter pour tous,

que je suis faite de miel, que ma peau est trop douce,

si pour peupler mon ciel il y a d'autres fous ?

Si je deviens la pierre, que j'oublie le temps,

que je n'rentre pas, que je rentre différente,

pas la même qu'au départ et ma feuille toujours blanche ?

Le temps rend con mais l'espace rend sage,

je ferai le tour du monde et je prendrai le large,

pour les rencontres, il n'est pas de hasard  

Je serai dans chaque femme, dans toutes les magiciennes,

tu me reconnaîtras dans la bouche des sirènes,

dans les yeux des fillettes et, là, je serai tienne

Moi je prierai pour toi, pour les routes et les regards,

pour les doutes envolés à chacun de tes pas,

pour chacune des réponses que l'on ne trouve qu'en soi

Et au fond tu sais déjà que pour te revenir, faudra bien que je parte

... Est ce que tu m'attendras ?

 

Moi je prierai pour toi, pour les routes et les regards,

pour les doutes envolés à chacun de tes pas,

pour chacune des réponses que l'on ne trouve qu'en soi

Et au fond tu sais déjà que pour te revenir, faudra bien que je parte

... Est ce que tu m'attendras ?

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